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Deinococcus sp.

A la création de Deinove, la collection internationale publique de déinocoques se limitait à 45 souches dont 8 capables de se multiplier à des températures supérieures à 45°C (bactéries « thermophiles » par opposition aux bactéries « mésophiles » qui en sont incapables). Elle ne s’est accrue que de quelques unités depuis. La grande majorité des 700 publications scientifiques parues à ce jour sur le genre Deinococcus concernent l’espèce mésophile Deinococcus radiodurans, une vingtaine seulement portant sur les autres espèces à l’intérieur du genre. Aucun brevet impliquant des déinocoques, autre que ceux de Deinove, n’est publié dans le domaine des biocarburants, ni des antibiotiques. C’est dire que ce genre bactérien n’a quasiment pas été exploré à d’autres fins que la recherche fondamentale. Les travaux réalisés par Deinove et ses partenaires académiques ont montré qu’il était possible d’isoler et d’optimiser ces micro-organismes, inexploités à ce jour, et ont mis en évidence la remarquable richesse de leurs potentialités fonctionnelles et métaboliques.

Pourquoi rechercher des déinocoques dans des environnements hostiles et pourquoi est-il pertinent de vouloir les exploiter ?

L’origine de ces bactéries remonte à plusieurs milliards d’années. Cette forme de vie ancestrale a survécu à des variations géologiques et climatiques extrêmes, notamment la dessication et les températures extrêmes, ce qui explique aisément la robustesse qu’elle exprime encore aujourd’hui : les Déinocoques sont les organismes vivants les plus résistants aux radiations et autres stress physiques et chimiques. Il s’agit là, très directement, d’une première propriété de grand intérêt industriel. Il est à noter que, nonobstant leur exceptionnelle résistance, les Déinocoques peuvent être éliminés de toute installation industrielle par des procédures simples (autoclavage ou bains acides ou basiques) et que, de plus, on ne leur connaît aucune pathogénicité pour l’animal ou pour l’homme.

Les Déinocoques tiennent, pour partie, leur robustesse de leur capacité unique à réassembler leur génome après que celui-ci ait été mortellement disloqué par un stress majeur tel que l’irradiation ou la dessication prolongée : un Déinocoque est littéralement capable de « ressusciter » s’il est remis en condition normale de vie après que son génome ait été fragmenté en plus de 1000 morceaux ! Cette capacité de réassemblage du génome a pour conséquence directe une autre propriété des Déinocoques : pour s’adapter au stress ces bactéries ont, depuis leur origine, développé la capacité d’assimiler de nombreux éléments génétiques exogènes, issus d’autres bactéries et même d’autres organismes vivants plus complexes. Des assimilations successives ont constitué une mosaïque génétique stable qui confère aujourd’hui aux Déinocoques une extraordinaire diversité génétique et fonctionnelle. Deinove en a obtenu la démonstration grâce au séquençage et l’analyse informatique, vis à vis de bases de données génomiques internationales, du génome de nombreux Déinocoques en collaboration avec l’équipe du professeur Jean-Michel Claverie à Marseille (CNRS). Cette biodiversité, d’un intérêt industriel majeur, permet à Deinove de sélectionner les propriétés fonctionnelles des Déinocoques optimisées pour les applications industrielles ciblées.

Les Déinocoques sont naturellement adaptés à la bioconversion industrielle de la biomasse : diverses souches de la collection digèrent non seulement les sucres simples (C6 et C5) mais aussi l’amidon, la cellulose et l’hémicellulose.

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